Ce matin, avec le groupe de catéchumènes, on travaillait les dernières paroles du Notre Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. » Ces mots-là, je les connais de l'intérieur. Pas comme une formule, comme une réalité que j'ai traversée, les mains tremblantes.
✦ À retenir
- La conversion chrétienne peut s'accompagner d'une période d'épreuves intenses.
- Nommer le diable comme ennemi réel est un acte de liberté spirituelle.
- Être chrétien, c'est combattre dans l'arène avec Jésus, pas dans les tribunes.
- Une phrase juste, donnée au bon moment, peut devenir un phare dans la nuit.
Ce qu'on entend souvent, c'est la version lumineuse : « J'ai accueilli Jésus, depuis tout va bien. » Je ne dis pas que c'est faux pour ceux qui le vivent ainsi. Mais ce n'est pas mon histoire. À partir du moment où j'ai rencontré Jésus, fin 2022, et où j'ai su que c'était inimaginable de ne pas le suivre, j'ai tout perdu. Le travail, les amis, la stabilité. Les années 2023, 2024, 2025 ont été une descente aux enfers. Je le dis sans drama, juste pour dire la vérité.
Dans cette solitude-là, j'ai envoyé un message au frère Paul-Adrien. Je lui ai dit : je ne comprends pas, j'accueille Jésus dans ma vie et ma vie devient un cauchemar. Sa réponse était courte, peut-être parmi des milliers d'autres qu'il envoie. Il m'a dit : « Parfois le diable se déchaîne. » Cette phrase a tout changé. Pas parce qu'elle était consolante,elle ne l'était pas vraiment. Mais parce qu'elle nommait ce contre quoi je me battais. Quand on connaît son ennemi, on peut se battre. Et je lui ai dit, à cet ennemi-là : tu peux faire ce que tu veux, je ne changerai pas d'avis. Ce serait me renier. Ce serait renier Dieu. Ce serait mourir.
Traverser une période d'épreuves après sa conversion, ce n'est pas un signe que quelque chose a mal tourné, c'est parfois le signe que quelque chose a vraiment commencé. Ce matin, quelqu'un dans le groupe a dit une phrase que j'aurais voulu entendre plus tôt : « On est dans l'arène avec Jésus. On se bat avec lui. » Pas dans les tribunes à crier que c'est génial, même si cette joie existe, elle est réelle, mais aux côtés de quelqu'un qui ne lâche pas.
Aujourd'hui, Dieu reconstruit. Ce n'est pas encore simple, mais je vois la reconstruction. Et je sais ce que j'aurais voulu qu'on me dise au début : que perdre des gens, que traverser l'obscurité après avoir dit oui, ce n'est pas un abandon de Dieu. C'est souvent le moment où le diable est le plus actif, justement parce qu'il a peur de ce qui se construit.
Et toi, si tu traverses quelque chose de difficile depuis que tu as dit oui, peut-être que tu n'es pas en train de te tromper de chemin.