À retenir
- L’écriture automatique et le channeling font passer un message par la main ou la voix d’une personne, sans qu’elle en maîtrise le contenu à l’avance.
- La question n’est jamais de savoir si « quelque chose se passe ». Quelque chose se passe, presque toujours. La question est : quoi, et d’où.
- Le vrai et le faux arrivent souvent mélangés dans le même message, sans qu’on puisse les trier soi-même.
Ce qui s’écrit en écriture automatique ou se dit en channeling ne vient jamais de nulle part. Ça vient de quelque chose, ou de quelqu’un : de l’inconscient de la personne, d’une entité extérieure, ou d’un mélange des deux, rarement de Dieu selon l’Église, qui met en garde contre ces pratiques (CEC 2116). Le vrai discernement ne porte pas sur l’efficacité du phénomène, mais sur sa source et ses fruits.
D’où vient ce qui s’écrit vraiment pendant l’écriture automatique ou le channeling ?
À retenir
- Une main qui écrit « toute seule » ou une voix qui « reçoit » un message ne prouve rien sur l’origine de ce message.
- Le vrai et le faux peuvent arriver dans la même phrase, sans frontière visible.
- J’ai vécu ce mélange de l’intérieur, pendant des années, avant de comprendre ce que je regardais.
Le message qui a tout fissuré
En novembre 2022, en plein direct d’un Magic Morning, j’ai canalisé « Jésus ». Ce n’était pas la première fois que je faisais ce genre d’exercice, mais celle-là, je ne l’ai jamais oubliée. Dans le même message, il y avait des choses qui sonnaient juste : « revenez à la simplicité », « vous êtes déjà accepté », « tournez-vous vers Dieu ». Et des choses qui n’avaient rien à faire là : une histoire de race humaine « corrompue », de manipulation génétique, d’êtres « sans âme ». Le vrai et le faux, dans la même phrase, sans coupure.
C’est ça, le piège de l’écriture automatique et du channeling. Pas qu’il ne se passe rien. Il se passe quelque chose, souvent une vraie sensibilité, une vraie ouverture. Mais ce quelque chose n’a aucun filtre intégré. Il capte, mélange, restitue, sans étiquette sur l’origine.
Ce que le corps et le mental font pendant l’exercice
Dans une écriture automatique, la main se détend, le mental se met en retrait volontairement, et des mots viennent sans passer par la réflexion consciente. En channeling, c’est la même logique appliquée à la voix : on parle sans préparer ce qu’on va dire. J’ai pratiqué les deux pendant des années, dans le cadre de mon activité autour du New Age. Sur des dizaines de séances, j’ai vu ressortir des intuitions justes sur des personnes, des formulations qui touchaient, et, mélangé à ça, un vocabulaire entier qui n’avait aucun ancrage biblique : reptiliens, égrégores, races d’âmes. Le mental en retrait ne veut pas dire l’esprit vide. Il veut dire une porte ouverte, sans savoir qui entre.
Le channeling est-il dangereux spirituellement ?

À retenir
- L’Église ne condamne pas la voyance et le channeling parce qu’ils « n’existeraient pas ». Elle les met en garde parce qu’ils cherchent une connaissance en dehors de Dieu.
- Le Deutéronome le disait déjà, bien avant qu’on parle d’écriture automatique.
- Le danger le plus courant n’est pas spectaculaire. C’est la dépendance, lente, à une voix extérieure.
Ce que dit vraiment le Catéchisme
Le Catéchisme de l’Église catholique est précis sur ce point :
« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort « dévoiler » l’avenir. […] Les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes en même temps qu’un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l’honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. » (CEC 2116)
L’écriture automatique et le channeling entrent directement dans ce cadre : chercher un message, une orientation ou un savoir en dehors de la prière et de l’Écriture, par un canal qu’on ne maîtrise pas. Le Deutéronome posait déjà la même frontière, des siècles avant qu’on parle de « canalisation » : « personne qui use de magie, interroge les spectres et les esprits, ou consulte les morts » (Dt 18, 11). Ce n’est pas un interdit arbitraire. C’est une protection posée sur une porte qu’on ne referme pas facilement une fois ouverte.
Le danger réel, dans les faits
Le danger le plus fréquent n’est pas un phénomène violent ou spectaculaire. C’est la dépendance, douce, presque agréable, à cette voix qui semble tout savoir sur nous. On revient. On redemande. On finit par consulter avant de décider quoi que ce soit par soi-même. Chez les personnes que j’ai accompagnées quand j’étais encore dans le New Age, c’était presque toujours ça, le vrai signe d’alerte : pas un événement dramatique, mais une incapacité grandissante à faire un choix sans « vérifier » d’abord.
Écriture automatique et foi chrétienne : peut-on concilier les deux ?

À retenir
- La source change tout : l’Esprit Saint d’un côté, une origine indéterminée de l’autre.
- Le test biblique n’est pas « est-ce vrai », mais « d’où ça vient » et « où ça mène ».
- Un don réel, mal exercé avant la conversion, peut être posé devant Dieu et transformé.
La question que saint Ignace posait déjà
Bien avant qu’on parle de channeling, saint Ignace de Loyola avait déjà posé la vraie question : les mouvements intérieurs qu’on ressent, les pensées qui montent, viennent-ils de l’Esprit de Dieu ou d’ailleurs ? Il en avait fait tout un chemin de discernement. La Bible, elle, ne dit pas autre chose, avec des mots plus directs : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose » (1 Th 5, 19-21). Et plus loin : « Ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes se sont répandus dans le monde » (1 Jn 4, 1).
Ce verset décrit exactement ce que j’ai vécu ce soir de novembre 2022. Un message, une « inspiration », et l’obligation, a posteriori, de l’examiner plutôt que de l’avaler entier.
Ce que ce message a quand même déclenché
Le jour même de cette canalisation, j’ai acheté ma première Bible. Le soir, j’ai commencé à lire l’Évangile de Matthieu. Après les premières pages, j’ai fermé le livre en me disant : tout ce qu’on m’a enseigné en développement personnel et dans le New Age est en réalité pris dans la Bible, sauf qu’on en a coupé la source. C’est cette nuit-là que ça a commencé à se fissurer pour moi.
Je ne raconte pas ça pour dire que le channeling est un bon chemin vers Dieu. Ce serait mentir. Je raconte ça parce que Dieu se sert parfois d’une porte entrouverte, même mal ouverte, pour se faire entendre malgré tout. Ça ne rend pas la pratique moins dangereuse. Ça dit juste que personne n’est trop loin pour que Dieu vienne chercher.
Un don d’ouverture, de sensibilité, de perception, exercé avant la conversion dans un cadre qui n’était pas le bon, n’est pas nécessairement perdu. Il peut être posé devant Dieu, examiné, et, avec le temps, purifié pour un usage tout autre : la prière, l’intercession, l’écoute des autres. Mais ça commence toujours par arrêter de pratiquer la chose en question, jamais par la continuer « autrement ».
FAQ
Presque. L’écriture automatique fait passer un message par la main, le channeling par la voix. Dans les deux cas, la personne se met en retrait volontairement pour laisser passer quelque chose qu’elle ne prépare pas à l’avance. La source du message pose exactement la même question dans les deux pratiques.
Le mélange du vrai et du faux dans le même message, sans qu’on puisse les trier soi-même, et la dépendance progressive à cette voix extérieure pour prendre ses décisions. Le Catéchisme y voit une recherche de connaissance en dehors de la relation à Dieu (CEC 2116).
Regarde d’abord la source revendiquée et le cadre : un vrai don de Dieu se vit en Église, dans la prière, jamais en solitaire face à une feuille blanche dans un état modifié. Regarde ensuite les fruits : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose » (1 Th 5, 19-21). La paix et le rapprochement de Dieu d’un côté, l’anxiété et la dépendance de l’autre, ne trompent pas sur l’origine.
Non, mais arrête la pratique et nomme-la, dans la confession si tu es catholique. Ce que tu as vécu peut être réel sans avoir été de Dieu. Ce n’est pas une faute qui te disqualifie, c’est une porte à refermer pour de bon.
Il peut s’exprimer par l’écriture, oui, mais toujours en pleine conscience, sous le regard d’une communauté, jamais dans un état de retrait mental où l’on ne sait plus vraiment qui parle. C’est là toute la différence avec le channeling.
Ce que j’emporte
Je ne peux pas te dire avec certitude qui ou quoi a parlé ce soir-là, en novembre 2022. Ce que je sais, c’est que Dieu a fini par se frayer un chemin jusqu’à moi, malgré la pratique et pas grâce à elle. Si tu portes quelque chose de semblable, tu n’as pas à avoir toutes les réponses aujourd’hui pour faire un premier pas. J’ai raconté ailleurs comment j’ai pu retrouver le Christ après l’ésotérisme, et ce que j’ai compris sur la voyance et la médiumnité en general. Si tu cherches encore comment avancer sans dépendre d’une voix extérieure, j’ai aussi écrit sur comment discerner la volonté de Dieu.
Si ce chemin te parle, j’ai écrit un guide complet pour ça : comment revenir à Dieu.
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