Sortir du New Age 25 Sep 2026 · 8 min de lecture
Sortir du New Age

Pendule et radiesthésie : que dit vraiment l’Église catholique ?

Pendule posé sur une table en bois dans une lumière douce, pendule et foi catholique

L’Église catholique classe le pendule et la radiesthésie parmi les formes de divination condamnées par le Catéchisme (CEC 2116), même utilisés « juste pour se décider, sans y croire vraiment ». Ce n’est pas la magie qui pose problème. C’est de chercher une réponse cachée ailleurs qu’en Dieu.

Avant même de m’intéresser au tarot ou aux oracles, il y avait un pendule dans ma famille.

Ma mère s’intéressait au pendule et au magnétisme. Ma grand-mère, elle, croyait à la pensée positive. Personne autour de moi ne s’est jamais posé la question de savoir si ces objets étaient neutres. Ils faisaient partie du décor, comme n’importe quel autre geste transmis d’une génération à l’autre.

C’est peut-être pour ça que cette question revient si souvent dans mes messages : le pendule paraît tellement plus discret que le tarot. Un petit objet au bout d’une chaîne, deux questions, une réponse. Rien à voir avec une séance de voyance impressionnante. Alors, où est le problème ?

Est-ce que le pendule est un péché pour un catholique ?

À retenir :

  • Le Catéchisme classe le pendule et la radiesthésie divinatoire dans les formes de divination à rejeter.
  • Ce n’est pas l’objet qui est en cause, c’est la relation qu’on établit avec lui.
  • Même « sans y croire », la démarche reste problématique.

Le Catéchisme de l’Église Catholique est direct sur ce point : « Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort ‘dévoiler’ l’avenir. […] les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l’histoire et finalement sur les hommes » (CEC 2116).

Un peu plus loin, un autre paragraphe vise directement les objets comme le pendule : « Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service […] sont gravement contraires à la vertu de religion » (CEC 2117).

Ce qui est étrange, c’est que j’avais déjà ce malaise avant même de revenir à la foi. Dans un livre que j’ai écrit pendant mes années d’ésotérisme, je mettais en garde mes lectrices contre l’usage du pendule par une personne non initiée, en disant qu’on ne sait jamais vraiment sur quoi, ou sur qui, on va tomber. Je pensais protéger d’une mauvaise connexion. Aujourd’hui je vois cette phrase autrement : quelque chose en moi savait déjà que cet objet n’était pas aussi neutre que je le présentais.

Le pendule n’a rien de magique en lui-même. Ce n’est pas la ficelle et le petit poids au bout qui posent question. C’est la question qu’on lui pose : « dis-moi ce que je ne peux pas savoir. » Cette demande-là, l’Église la reconnaît depuis toujours, sous des formes différentes.

Peut-on l’utiliser « juste pour se décider », sans y croire vraiment ?

Chemin forestier dans le brouillard, illustrant l'incertitude de la divination

À retenir :

  • « Ça ne marche pas vraiment » n’annule pas la démarche : le geste reste une recherche de réponse hors de Dieu.
  • Un objet vendu comme « outil neutre » transporte quand même une logique de contrôle.
  • La question à se poser n’est pas « est-ce que j’y crois », mais « à qui je demande de trancher pour moi ».

C’est l’argument que j’entends le plus : « je ne crois pas vraiment au pendule, c’est juste un moyen de me décider quand j’hésite. » Je comprends cette phrase. Je l’ai dite moi-même, à propos d’autres objets, pendant des années.

Dans le catalogue de produits que j’ai vendus au moment de fermer ma librairie ésotérique, le pendule était présenté comme un objet parmi d’autres : à côté des pierres, des encens, des oracles. Un produit de démarrage, presque décoratif. Personne ne le questionnait vraiment. C’était l’un des moins « impressionnants » du lot.

C’est justement ce qui le rend dangereux. Un objet qu’on ne prend pas au sérieux, on ne le remet jamais en question. Sauf que le geste, lui, reste le même : au lieu de prier, de réfléchir, ou de demander conseil à quelqu’un, on pose la question à un poids qui oscille. Dans les centaines d’échanges que j’ai eus avec des femmes en recherche spirituelle, j’ai remarqué que ce sont presque toujours les objets « sans importance » qui restent le plus longtemps dans un tiroir, un sac, une poche, précisément parce qu’on ne les a jamais interrogés.

La Bible propose une tout autre direction pour les moments d’hésitation : « De tout ton cœur, fais confiance au Seigneur, ne t’appuie pas sur ton intelligence. Reconnais-le, où que tu ailles, c’est lui qui aplanit ta route » (Pr 3,5-6). Ce n’est pas une formule magique non plus. C’est une relation à construire, avec ses doutes, sa lenteur, ses hésitations. Rien à voir avec une réponse immédiate donnée par un objet.

Radiesthésie, magnétisme familial : est-ce la même chose que la sorcellerie ?

Livre ouvert sur un rebord de fenêtre dans la lumière, symbole de confiance en Dieu

À retenir :

  • Une pratique transmise en famille, sans mauvaise intention, n’échappe pas à la question.
  • L’intention généreuse (« aider », « soigner ») ne change pas la nature de l’acte.
  • Ce n’est pas une accusation contre les personnes : c’est une question de direction.

Ma mère n’a jamais pensé faire quelque chose de mal en utilisant son pendule. C’était pour elle un geste de bon sens, transmis, presque familial, un peu comme on hérite d’un remède de grand-mère. Je ne crois pas non plus qu’elle avait la moindre intention de se détourner de Dieu.

C’est là qu’il faut être honnête sans être dur. L’Église ne dit pas que les personnes qui pratiquent ces gestes sont malveillantes. Beaucoup le font en pensant sincèrement aider ou se protéger, sans mesurer ce qu’elles mettent en jeu. Mais l’intention généreuse ne change pas la nature du geste : demander à un objet de révéler ce qui échappe à notre connaissance reste une manière de chercher un pouvoir sur l’inconnu ailleurs qu’en Dieu.

Padre Pio résumait ça en une phrase que je garde depuis mon retour à la foi : « Prie, espère et ne t’inquiète pas. » Trois mots, dans cet ordre précis. Pas « cherche une réponse », mais prie. Pas « sécurise-toi », mais espère.

FAQ

Qu’est-ce que la radiesthésie, exactement ?

C’est la pratique consistant à utiliser un pendule ou une baguette pour détecter une réponse, une source d’eau, un déséquilibre du corps ou une décision à prendre, en observant les mouvements de l’instrument. L’Église la range dans la même famille que les autres formes de divination décrites au CEC 2116.

Le pendule fait-il vraiment partie du New Age ?

Il est bien plus ancien que le New Age, mais il a été largement repris par ce courant, mélangé à la lithothérapie, aux oracles et aux pratiques de « guidance ». Peu importe son origine : c’est la logique de la démarche qui compte, pas son étiquette.

Comment se détacher d’un objet utilisé depuis longtemps, parfois depuis l’enfance ?

Commence par le nommer honnêtement, sans honte, comme un geste hérité et jamais questionné. Un objet transmis n’a pas besoin d’un rituel de rupture spectaculaire. Il suffit souvent de le poser, littéralement, et de remplacer la question qu’on lui adressait par une prière, même maladroite.

Et si cette pratique m’a été transmise sans aucune mauvaise intention ?

Cela ne t’accable pas. La bonne foi de ceux qui te l’ont transmise ne t’oblige à rien, mais elle ne change pas non plus la nature du geste. Tu peux honorer ce que tes proches ont voulu de bon pour toi tout en choisissant, pour toi-même, un autre chemin.

Où est la limite entre superstition et prudence chrétienne ?

La prudence chrétienne cherche la volonté de Dieu par la prière, le discernement, le conseil d’un prêtre ou d’un proche de confiance. La superstition, elle, cherche un raccourci : un signe extérieur censé dire ce que Dieu voudrait qu’on découvre pas à pas, en relation avec lui.

Ce que je retiens pour toi

Je n’ai jamais utilisé le pendule moi-même autant que d’autres pratiques. Mais je l’ai vu, vendu, banalisé, pendant des années, sans jamais me demander ce qu’il représentait vraiment. C’est peut-être ça, le plus grand piège : les objets qu’on ne prend pas au sérieux sont ceux qu’on ne remet jamais en question.

Si tu gardes un pendule dans un tiroir, je ne te demande pas de le jeter par culpabilité. Je te pose juste la question que je me suis posée : à qui, ou à quoi, je confie mes décisions ?

Si cette question rejoint ce que tu traverses avec les nettoyages énergétiques ou d’autres objets de protection, ou si tu cherches des outils concrets pour discerner la volonté de Dieu dans tes choix, ces deux chemins peuvent t’aider à avancer.

Et si la question du retour à la foi t’intéresse plus largement : Comment revenir à Dieu ?

On marche ensemble.

Si un pendule ou un objet similaire fait partie de ton histoire familiale et que cet article a déplacé quelque chose en toi, dis-le-moi en commentaire. Je lis tout.

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