24/04/2026 : Vouloir réussir, oui, mais quel Dieu sers-tu vraiment ?
Depuis plus d'un mois, je me sens profondément malheureuse dans mon alternance. Ce n'est pas une question de compétence, j'ai un vrai don pour le marketing. C'est autre chose. Quelque chose que cet environnement réveille en moi, que je croyais apaisé depuis longtemps. J'avais envie de mettre des mots là-dessus, même si c'est encore le début d'une réflexion.
→ À retenir
Vouloir réussir n'est pas le problème — c'est le moteur qui compte.
Certains environnements nourrissent nos blessures plus que nos dons.
La vraie question n'est pas "est-ce que tu réussis ?" mais "pour quel dieu ?"
Discerner son environnement, c'est aussi choisir ce qu'on laisse grandir en soi.
À 25 ans, salariée, j'avais les dents longues. Je voulais gagner beaucoup d'argent, prouver que j'étais la meilleure, et franchement, quelque part, écraser les autres. Je peux le dire maintenant, honnêtement. Quand je me suis mise à mon compte, quand je suis devenue maman, quelque chose dans ce côté-là s'est éteint. J'avais trouvé ma place. La compétition n'avait plus la même saveur.
Depuis juillet, je suis de nouveau salariée, dans une startup. Et depuis plus d'un mois, je me reprends chaque jour une vague de noirceur totale. Non pas parce que je suis incapable, ce métier pourrait me rapporter vraiment beaucoup. Mais parce que cet univers-là réveille exactement cette vieille partie en moi : vouloir prouver au monde que je suis la meilleure. Cette blessure que je croyais travaillée se remet à bouffer tout le reste. À bouffer mon côté Christ, même si je ne suis pas encore baptisée.
La question que j'ai commencé à me poser, et que j'entends aussi, non verbalisée, chez des personnes autour de moi, c'est : quel dieu tu sers ? Pas "est-ce que tu veux réussir", bien sûr que oui. Mais qu'est-ce qui brûle en toi quand tu dis ça ? Est-ce le désir de valider ta valeur auprès du monde, d'écraser, ou quelque chose de plus ancré, qui sert la vie ? Savoir quel environnement nous convient, c'est d'abord voir ce qu'il réveille en nous : nos dons ou nos blessures.
Naturellement, on tend vers ce qui est facile, même quand c'est ce qui nous tue doucement. Je le vois chez moi. Je le vois chez une amie. Je le vois chez une troisième personne, face à un choix entre prouver au monde qu'elle a de la valeur ou construire quelque chose de solide à partir de ce qui est stable en elle, sans compétition, sans avoir besoin d'écraser.
Ce n'est pas le même chemin.