Je n'ai pas de révélation lumineuse à partager aujourd'hui. Juste cette vérité un peu rugueuse : depuis plus de deux ans, ma vie change en permanence — et je commence à être fatiguée.
Un nouveau tournant professionnel m'oblige à quitter un travail dans lequel je m'étais donnée à 100%. Ce n'est pas moi qui pars. C'est la situation qui me contraint à partir. Et hier soir, lors de l'adoration — après quinze jours sans — j'ai compris que ce que je traversais avait un nom : un deuil. Pas une catastrophe, pas une attaque. Un deuil, avec ses étapes, avec sa logique, avec sa durée propre.
Traverser un deuil dans la foi, ce n'est pas ne pas souffrir. C'est laisser Jésus être là dans la souffrance — sans chercher à tout comprendre, sans exiger que ça s'arrête vite. Je n'avais pas de questions à lui poser hier soir. Juste cette tristesse à déposer.
Ce qui me tient, c'est une conviction que ces deux ans m'ont forgée : Dieu n'est pas l'auteur de ce qui est difficile, mais il ne laisse rien en jachère. Il utilise chaque étape — même les plus épuisantes, même celles qu'on n'avait pas planifiées — pour nous amener là où nous devons être. Je commence à être très douée en reconstruction, comme je dis. Ce n'est pas de la résignation. C'est de la confiance gagnée à l'usure.
Si toi aussi tu traverses une période de déconstruction — partielle ou totale — sache que tu n'es pas seul(e). Et que ce qui s'écroule n'est pas forcément ce que Dieu voulait garder.
La lumière est là. Même quand on ne la voit pas bien.