Retranscription de l’épisode
Oui, je compte les jours. Et je pense que pour certaines personnes qui sont peut-être dans la même situation que moi, vous comprendrez pourquoi. J’ai envie de lancer cette petite série de podcasts, quelque chose de très léger, sans préparation, parce qu’en ce moment je suis dans un état un peu bizarre, un état d’être très étrange, et j’ai du mal à préparer quoi que ce soit. Il y a des moments où je peux, il y a des moments où je ne peux pas. Pour ce premier épisode, ce premier enregistrement à J-259, j’avais envie de vous parler d’une partie de ce que je vis, et pourquoi je fais ce décompte.
Les trois années du désert
Je fais le décompte parce que je suis en plein dans les trois années du désert. On retrouve beaucoup ça dans la Bible : ce moment où une personne est touchée par la grâce de Dieu, et où Dieu l’enlève de là où elle était. Pour saint Paul notamment, il part dans le désert. Je ne dis pas que je suis prophète, mais il y a beaucoup de moments comme ça dans les Écritures, et j’imagine qu’il y a encore aujourd’hui plein d’histoires de personnes touchées par la grâce de Dieu et enlevées pendant longtemps, notamment ces trois années.
Ces trois années, je les fais partir du moment où j’ai vraiment commencé à aller à la messe, où j’ai réellement compris que la rencontre avec Jésus ne pouvait pas me permettre de continuer à vivre comme avant. Ce moment, c’était début 2024, vraiment le premier trimestre. J’ai compris que si je voulais continuer à être alignée avec moi-même, et peut-être même que je n’avais pas le choix de l’être, je devais dire au revoir. À l’époque, je ne pensais pas devoir dire au revoir à tout ce à quoi j’ai fini par dire au revoir, c’est-à-dire quasiment tout. Mais je savais que je devais dire au revoir à une partie de moi. Notamment tout mon parcours, depuis plus de vingt ans, dans l’ésotérisme, l’occultisme, le New Age.
Pour les personnes qui ne me connaissent pas : j’ai passé plus de vingt ans dans le New Age et l’ésotérisme, avec ma chaîne YouTube. Et surtout, c’était mon travail, j’avais créé une société autour de tout ça, une école, la Witches School. J’avais construit toute mon identité autour de cette recherche que j’avais depuis toute petite, cette recherche du monde spirituel, pour comprendre ce qu’on fout là, en fait, et ce qu’on attend de nous. Et ce qu’on attend de moi, peut-être très égocentrique, égotique, mais voilà la question qui me portait.
C’est vers mars 2024 que j’ai compris qu’il se passait quelque chose dans ma vie. Quelque chose de très grave, aussi : cette prise de conscience s’est accompagnée de drames, heureusement pas jusqu’à des issues dramatiques, mais c’est le moment où ma fille est tombée gravement malade, et où j’ai fermé ma société, où je me suis retrouvée sans rien. C’est à partir de là qu’ont commencé pour moi ces trois ans dans le désert. Et j’y suis encore.
Pourquoi trois ans ? Tout simplement parce que je serai baptisée le 27 mars 2027, au soir. Ça fera trois ans, jour pour jour. Je trouve ça assez symbolique, surtout quand on sait ce que je vis depuis trois ans. Je ne vais pas vous faire tout un topo là-dessus aujourd’hui, ça fera l’objet d’autres discussions, et si vous voulez en savoir plus sur ce que je vis, tous les changements et les prises de conscience, vous pouvez aller sur mon site, annesophiepau.com, j’y écris beaucoup. Notamment si vous voulez comprendre ce passage de l’ésotérisme New Age au catholicisme, ça peut vous aiguiller et répondre à certaines de vos questions.
Le problème de l’identité
Ce que je vis aujourd’hui est particulier, parce que je suis réellement dans un désert où je sens que je ne dois plus être qui j’ai été jusqu’à maintenant. J’ai un véritable problème d’identité. C’est d’ailleurs pour ça que je n’arrivais pas à prendre la parole sur cette chaîne YouTube : je ne sais pas qui je suis, alors comment est-ce que je peux me présenter à vous ? C’est très compliqué pour moi.
Bien sûr, je suis quelqu’un qui cherche la vérité, qui adore étudier tout ce qui est spirituel, depuis que j’ai seize ans, je suis là-dedans. J’ai encore quelques petits mots pour me définir : quelqu’un qui adore créer, qui adore chercher, qui adore comprendre comment fonctionne la vie et le monde spirituel. Mais je n’arrive pas encore à faire le lien entre tous ces petits bouts de moi. J’ai l’impression d’avoir été éclatée en plein de petits bouts, épars, et pour le moment le lien n’est pas fait, entre cette personne passionnée par la création, par l’entrepreneuriat, par le marketing, par l’IA (que je trouve être un outil formidable, dont l’usage dépend toujours de qui l’a entre les mains). J’ai plein d’identités, plein d’adjectifs, plein d’univers, et je n’arrive pas encore à faire le lien entre eux.
J’ai aussi beaucoup de prises de conscience dans ce désert, beaucoup d’apprentissage. Je parle beaucoup à Jésus, je lui pose beaucoup de questions par rapport à ce que le monde me renvoie de moi, parce que je vis une période où je suis très poreuse au monde extérieur, je me compare facilement aux autres, dans chaque discussion. Et forcément, quand tu te compares, tu compares l’extérieur d’une personne à ton intériorité, à tes propres combats. C’est toujours perdant.
Dans tout ça s’ajoute aussi tout un système hormonal, puisque je suis joyeusement entrée en périménopause, ce n’est pas un détail, ces trois ans s’accompagnent aussi de faits physiques qui renforcent ce changement d’identité. Alors, crise de la quarantaine ? J’ai 43 ans aujourd’hui, je ne sais pas si on peut appeler ça comme ça. Mais qu’est-ce que c’est, finalement, la crise de la quarantaine, si ce n’est en même temps la périménopause, et pour moi, accompagnée de cette rencontre, d’avoir été touchée par la grâce de Jésus ? Cette porosité fait que mon moral n’est pas très stable : des montagnes russes, très haut, très bas, plusieurs fois par jour. J’essaie d’avancer là-dessus.
Mais je pense qu’aujourd’hui, ma véritable problématique dans ces trois ans de désert, c’est l’identité : comment venir vers vous, comment me présenter aux autres. J’ai toujours été quelqu’un qui créait des projets, qui partageait beaucoup son chemin, et là, je n’y arrivais pas. C’est pour ça que je commence cette série, J-259 avant mon baptême. Je vois le baptême vraiment comme une vraie libération. Même si, quand on est déjà en chemin vers le baptême, on fait déjà partie de la famille des chrétiens, on n’est pas à part.
Les charismes et le désir d’un guide spirituel
Avec le baptême et la confirmation qui viendra juste après, il y a ce désir de me donner entièrement. Je pense que je suis quelqu’un qui a reçu, comme vous tous, des dons, des charismes. J’ai beaucoup étudié les charismes et je vais continuer à le faire. Les charismes sont donnés par l’Esprit-Saint, donc il faut être baptisé, confirmé, mais je pense que quand on est déjà en chemin, on porte déjà ces charismes. Personnellement, depuis toute petite, j’ai une sensibilité au monde invisible, disons que je la porte encore, mais je ne la pratique plus.
Je pense que toutes les personnes qui ont reçu ce type de dons ont, comme moi, ce chemin à faire dans le baptême. C’est pour ça que je parle de libération : je veux absolument que ces capacités, si elles sont toujours là, et je pense qu’elles le sont encore, passent au tamis de l’Esprit-Saint. Je veux qu’elles servent la construction de l’Église, que tout ce que je perçois, tout ce que je sens, passe par le tamis de l’Église, par le tamis de Jésus. Parce que pour moi, c’est uniquement en passant par ce tamis que je pourrai, si Dieu le veut, transmettre des choses, aider le plus de personnes possible en étant au plus proche du message de Jésus. Je veux que soit retiré, dans tout ça, tout ce qui n’est pas Dieu.
Quand on vient du chemin du New Age, de l’ésotérisme, et qu’on arrive vers Dieu, il ne faut pas se leurrer : on ne peut pas continuer à pratiquer comme avant, ni se mentir en se disant que tout ce qu’on percevait venait forcément de la lumière. Le diable lui-même peut mentir, peut se faire passer pour gentil, peut dire des vérités. C’est en passant par le tamis de l’Esprit-Saint, avec une vraie discipline spirituelle, que je pourrai peut-être, si Dieu le veut, réutiliser ce que je perçois depuis toute petite, mais ça doit s’accompagner d’énormément de garde-fous.
Et notamment par le fait de trouver un guide spirituel. Je le dis clairement : je cherche un prêtre avec lequel je puisse travailler, depuis longtemps déjà. Un prêtre qui soit au courant des charismes, de ceux que je peux avoir, et qui m’accompagne sur ce chemin, quelqu’un en face de moi qui puisse contrôler ce que je dis. Parce que j’ai dit beaucoup de choses pendant plus de vingt ans, transmis pendant douze, treize, quatorze ans, sans garde-fou. Je n’ai jamais prêché en disant que c’était la vérité absolue, je disais que c’était ce que je percevais, et que chacun en faisait ce qu’il voulait. Mais sans garde-fou, je n’avais personne. Aujourd’hui, je veux quelqu’un : un guide spirituel que je n’ai toujours pas rencontré, mais une personne qui valide ou non ce ou ces charismes, et qui me dise, si besoin : « Anso, là non, ce n’est pas juste, ça ne va pas dans le bon sens. »
Les morceaux épars
Ce premier podcast est très long, mais de toute façon ce sera toujours long avec moi, je parle toujours beaucoup. C’est un peu parti dans tous les sens, mais si vous voulez que j’aille plus loin sur l’un des sujets évoqués aujourd’hui, dites-le-moi en commentaire, et je préparerai quelque chose de plus construit, cette série-là n’est volontairement pas construite, elle se fait sur le moment.
Je dirais qu’aujourd’hui, ce qui me pose le plus de problèmes dans ces trois ans de désert, c’est mon identité. J’ai l’impression de n’être plus rien : il y a des petits bouts de qui je suis, mais ils ne sont pas encore collés les uns aux autres. Des petits bouts épars de qui je suis, de ce que j’aime faire, mais pas de lien entre eux. Ces 259 jours qu’il me reste à vivre avant mon baptême, avant cette nouvelle naissance, j’ai peut-être encore des petits morceaux à découvrir. Il y en a peut-être aussi qui vont disparaître, parce que je prends conscience de beaucoup de choses, et que des éclats de ce que je pensais être disparaissent simplement.
Et peut-être que ce jour du baptême, ma nouvelle identité en Christ naîtra, et que tous ces petits bouts se recolleront ensemble. C’est une belle vision, et ce serait peut-être logique : quand j’ai été touchée par la grâce, mon identité a explosé pendant presque deux ans. Depuis quelques mois, je découvre ces parcelles une par une, celle-ci, oui, toujours valable, c’est moi, c’est clair ; celle-là, non, plus valable du tout, elle disparaît, parce que ce n’est plus moi. Et peut-être que tout se réunira ce 27 mars 2027.
Voilà, je parle dans tous les sens, mais je voulais commencer ce podcast, je ne sais pas encore à quel rythme, pour vous faire un petit point de ces jours qui restent avant ce grand jour de baptême, ce beau moment de renaissance. Merci de m’avoir écoutée si vous avez écouté jusqu’ici. N’oubliez pas, vous pouvez aller sur mon site annesophiepau.com, il y a beaucoup d’articles de blog, et vous pouvez vous abonner à ma newsletter, envoyée tous les dimanches, de petites prises de conscience de la semaine. Vous pouvez aussi télécharger le kit de résistance spirituelle, parce que pour moi il y a vraiment ce côté où l’on doit résister au monde et revenir à Dieu.
Bonne journée, bon moment, selon celui où vous écoutez cet épisode. Et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode de cette série.
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