J-257 avant mon baptême : le diable se déchaîne

Retranscription de l’épisode

J-257 avant mon baptême. Il est 22h, on a enfin un peu de fraîcheur. J’habite à Béziers, pour ceux qui ne savent pas, et il fait très chaud en ce moment, comme partout. Aujourd’hui j’ai envie de parler de quelque chose dont on ne parle pas assez : ce temps entre le moment où tu rencontres Jésus, où tu prends la décision de te faire baptiser, et le moment du baptême lui-même. Il y a quelque chose qu’on aborde peu, c’est l’attaque du diable. Je peux pas mal en parler, parce que je sais que je suis attaquée, même si je n’y pense pas toujours, je ne pense pas toujours que c’est ça.

Frère Paul-Adrien et les mots qui m’ont relevée

Comment j’ai su, en quelque sorte, que j’étais attaquée par le diable ? Grâce au frère Paul-Adrien. Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous invite à aller voir, c’est un prêtre dominicain, un moine, que je suis depuis un moment sur les réseaux. Il a une énergie très douce, par rapport à d’autres. Je referai sûrement un épisode sur les personnes qui m’accompagnent sur ce chemin, les youtubeurs et streamers que je suis sur le sujet.

Il faut d’abord que je vous raconte un souvenir. Quand j’étais au lycée, en première, au moment où on doit choisir sa direction, j’étais déjà passionnée par la spiritualité, la foi, la théologie. J’ai voulu faire des études de théologie et j’ai demandé conseil à ma prof d’histoire-géo de l’époque. Ce jour-là, je m’en souviendrai toute ma vie : elle m’a ri au nez, vraiment, en me disant qu’il fallait que je sois bonne sœur, que ce n’était pas possible autrement. J’avais 16 ans, je n’avais pas franchement envie d’être bonne sœur, d’autant que je n’étais pas chrétienne à ce moment-là : j’avais juste une passion pour la foi, pour Dieu, sans savoir comment l’appeler. Je ne sais même pas pourquoi je vous raconte ça, mais j’avais envie de le dire.

J’ai été touchée par la grâce en 2022, j’ai rencontré Jésus cette année-là, et c’est en 2023 que ce chemin a vraiment commencé. Et c’est exactement à ce moment-là, quand j’ai compris que j’avais trouvé le chemin, la vérité et la vie, que des choses très dures me sont arrivées. Avant même la maladie de ma fille, il y a eu toute l’année 2023, très dure dans mon couple d’alors, avec beaucoup de… je ne sais même pas quel mot mettre dessus. Puis ma fille est tombée malade. Et quand j’ai annoncé que j’allais fermer ma société, quitter le New Age, l’ésotérisme, mettre un trait définitif sur tout ce que j’avais construit depuis mes 16 ans, j’ai reçu énormément de violence de la part de gens qui se sont retournés contre moi. J’avais l’impression d’être déjà à terre et qu’on me sautait dessus.

Un jour, j’ai envoyé un message au frère Paul-Adrien (je ne me souviens même plus si je l’ai tutoyé ou vouvoyé, mais j’ai encore le message, c’était sur Instagram). Je lui ai raconté que j’avais rencontré Jésus, que j’avais accepté de tout quitter pour lui, et que tout quitter, ce n’était pas juste quitter trois personnes, c’était quitter l’entièreté de ma vie. Il m’a répondu : « Parfois le diable se déchaîne. » Ces mots-là m’ont complètement relevée. Ça m’a donné une force, parce que je savais enfin contre quoi je me battais. Je ne me battais plus juste contre une vie en train de se détruire. Je me battais contre quelque chose de réel.

Marcher sur l’eau sans regarder la tempête

Je me souviens de ce jour, là où j’habitais avant : je me suis levée et j’ai dit au diable, mais qu’est-ce que tu crois, que me faire vivre tout ça va m’empêcher de suivre le chemin, la vérité et la vie que je cherche depuis toujours ? Tu crois que perdre tout va me faire revenir dans ton camp ? Même si je te disais oui, d’accord, j’arrête, ma tête, mon cœur, tout était déjà à Jésus. Tu peux faire semblant, mais le diable sait très bien. Je lui ai dit : tu n’y arriveras pas. Et ça m’a donné une force, ça a décuplé mon énergie, mon courage, parce que je savais pourquoi je vivais ça, contre quoi je me battais. Ça a renforcé ma foi : être attaqué, ça veut dire qu’on est sur le bon chemin, là où l’ennemi ne veut pas qu’on soit.

Dans les moments les plus difficiles, je m’accrochais à l’image de Jésus qui marche sur l’eau et qui dit à Pierre de le rejoindre. Je me visualisais marcher sur l’eau pendant la tempête, sans regarder la tempête, en ne regardant que Jésus. C’est ce que j’ai fait pendant plus d’un an et demi, deux ans. Et je sais que j’ai tenu à partir du moment où le frère Paul-Adrien a mis ce mot-là, a nommé la chose.

Je pense que quand on est en chemin vers le baptême, on n’en parle pas. En tout cas, pendant cette année de catéchisme, on n’en a parlé qu’une seule fois, très rapidement, quand j’ai pu témoigner. Et c’est ça que je veux témoigner ici : savoir que ce qui vous attaque a un nom, ça renforce la foi. Que vous soyez en chemin, déjà baptisé mais en train de vous réouvrir à la foi, ou jamais vraiment converti malgré un baptême d’enfance, on doit savoir pourquoi on vit ce qu’on vit, pourquoi on traverse ces années de désert. Je sais que d’autres vivent des conversions joyeuses, et j’en suis sincèrement heureuse pour eux, je ne suis pas jalouse. Mais je pense que mon chemin demandait ça. Et nommer ce contre quoi je me bats m’a permis de dire : tu ne vas pas gagner, c’est fini, au moment même où j’ai été touchée par la grâce, tu m’as perdue.

Une nouvelle attaque, plus insidieuse

Depuis trois mois environ, ça s’était calmé dans ma vie : la santé de ma fille va très bien maintenant, il y a eu un premier chemin de reconstruction. Mais depuis deux mois à peu près, je vis des moments très durs. J’en avais parlé dans l’épisode précédent, à J-259. Je ne me sens pas au top. J’ai même eu l’impression d’être dépressive, moi qui ne suis pas d’un naturel dépressif, plutôt très combative, qui me réjouis facilement de beaucoup de choses. Je pleurais une grande partie de la journée, une grande tristesse, cette impression que ma vie n’avait plus de sens. Je me disais : ça ne me ressemble tellement pas.

Avec tout ce que j’ai vécu depuis 2023, une dépression n’aurait rien eu de fou. Mais je ne pense pas avoir cette fibre-là : depuis toute petite j’ai la foi, ou disons que Dieu m’appelait déjà, parce qu’à 16 ans on ne se met pas en tête de faire de la théologie comme ça. Toute ma recherche en spiritualité, même quand j’étais wiccane, même dans un cadre polythéiste, c’était déjà cette recherche de Dieu : je te cherchais, je t’ai cherché au mauvais endroit, mais maintenant je t’ai trouvé, Seigneur.

Je me suis dit qu’il y avait un truc qui n’allait pas, et j’ai d’abord pensé au contrecoup : je suis en sécurité matérielle maintenant, j’ai un appartement à moi, ma fille va bien, elle commence à s’épanouir. Ce serait presque logique de s’effondrer après avoir tant porté. Et il y a aussi la périménopause qui vient renforcer tout ça, je suis très en contact avec mon corps, avec mon système hormonal, donc oui, il y avait ça. Mais il y avait autre chose. Et à un moment, je me suis dit : et si je vivais une nouvelle attaque ?

Parce que dans cette période très particulière, je n’arrivais pas à prendre la parole, à vous partager le chemin, à relancer le micro comme je le faisais avant. Et j’ai eu cette première pensée : tu es en train d’être muselée. Toi qui dois témoigner de ce chemin, de toute sa beauté, même dans la difficulté, tu es muselée en ce moment, et ce n’est pas normal. Là, j’ai réalisé : tu es encore en train de te faire attaquer par le diable.

Sortir, se reconnecter, respirer

À partir de là, j’ai eu des intuitions, pas des révélations, mais des pistes. La première : il fallait que je sorte, moi qui avais tendance à rester enfermée, aller à la plage, même seule. La deuxième : m’entourer de personnes qui ont cette fibre de toujours s’en sortir, qui ont des galères dans leur vie et qui avancent, des personnes qui me connaissent depuis longtemps et qui voient bien que là, ce n’est pas moi.

J’ai appelé une copine que je connais depuis le collège. On est sorties à la plage, ça a fait un bien fou. Les jours suivants, j’y suis retournée seule, et ça m’a fait du bien aussi. J’avais ce problème avec les écrans, dès que je voulais faire quelque chose je retombais dedans, c’est encore un peu le cas mais ça va déjà beaucoup mieux. Et puis je me suis reconnectée à une autre copine, que je connais depuis longtemps, qui elle aussi a des galères dans sa vie et qui avance. On est restées au téléphone près de deux heures, et ça m’a fait un bien fou de me reconnecter à des personnes qui avancent.

Depuis une semaine, une semaine et demie, mon moral s’est stabilisé. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de moments où je replonge un peu, mais c’est lissé, le bas n’est plus aussi bas qu’avant. Et je recommence à faire des choses, la preuve, ce deuxième podcast. Encore une fois, nommer ce qui se passait, ne pas tout mettre sur le dos de ma vie émotionnelle ou d’une dépression, mais se dire : on est en train de me museler, on ne veut pas que je parle, ça donne encore plus de force. Un peu comme : ah, tu ne veux pas que je le fasse ? Je vais le faire quand même. Ma fille a le même petit côté, c’est un peu embêtant maintenant que je suis du côté de la maman, mais on s’y fait.

Ce que je veux vous dire

Je voulais vraiment partager ça aujourd’hui, à J-257 : si vous êtes sur ce chemin et que vous ne vous sentez pas bien, que ce que vous vivez est très dur, que ce soit un tsunami d’événements comme moi au tout début, ou quelque chose de plus insidieux, de plus doux, de moins frontal, qui vous empêche d’avancer sans que vous puissiez vraiment le nommer, sachez que ce n’est peut-être pas ce que vous croyez. Moi je pouvais trouver plein de raisons à ce qui m’arrivait : un relâchement, le contrecoup, les hormones. Et c’est vrai qu’il me faut des vacances, j’en prends cet été, il me reste quelques examens pour une formation en cours, je vous en parlerai. Mais je choisis, entre ces obligations, de vraiment me reposer et de reprendre contact avec moi, avant cette dernière ligne droite avant mon baptême, avant cette nouvelle vie.

Ça peut vous paraître long, 257 jours. Pour moi, j’ai l’impression que c’est demain. Il se passe tellement de belles choses, et des choses plus difficiles aussi, mais c’est un chemin que je suis heureuse de vivre et de partager avec vous. Je veux limiter la friction au maximum, parce qu’en ce moment ma force mentale est faible, et dès qu’il y a de la friction j’ai tendance à m’arrêter. Mais recommencer ça me donne de la force, et je suis contente de le partager avec vous.

Donc voilà : si vous vivez des choses difficiles, ne vous dites pas forcément que tout vient de vous. Parfois ce n’est absolument pas le cas. Je pense que la plus grande réussite du diable, à notre époque, c’est qu’on a oublié qu’il existe, alors on va chercher les causes ailleurs, en nous, dans le transgénérationnel, avant même de regarder ce qui pourrait venir de lui. Si quand vous vous dites « je suis attaqué », vous sentez une force en vous qui vous relève, cette force, c’est Jésus qui vous relève face au diable. Ça veut dire que Dieu est avec vous, que Jésus est avec vous dans ce moment-là. Et si vous vivez quelque chose de très compliqué, comme moi au tout début : ne regardez ni à gauche, ni à droite, ni en bas, ne regardez pas la tempête. Suivez Jésus, ne le lâchez pas des yeux une seule seconde. Et si vous le lâchez, ce n’est pas grave, il suffit d’un nouveau contact des yeux, et il vous remonte. Alors vous avancez, vous avancez, vous avancez.

Un dernier petit truc. Pendant que c’était vraiment la guerre autour de moi, notamment avec ma fille, le soir j’avais un oreiller très particulier, très enveloppant, et je me couchais dessus en me disant que c’était ça, les mains de Dieu, je me blottissais dedans en me disant : je suis dans les mains de Dieu. Vous pouvez faire ça avec n’importe quel coussin, mais moi j’aimais bien le personnifier ainsi. C’est bête, mais ça me faisait beaucoup de bien, je passais de bonnes nuits, je m’endormais bien.

J’espère que ce partage aura pu vous aider, ou faire écho à ce que vous vivez ou avez vécu. On se retrouve très bientôt. Ciao.

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