Catholique et sorcière : la question que personne ne pose vraiment

Femme de profil écrivant dans un carnet à la lumière d'une bougie — catholicisme et sorcellerie, la question de la foi

Se sentir catholique et pratiquer la sorcellerie sans contradiction, cela arrive, et ce n’est pas de la mauvaise foi. Il existe pourtant une question que personne ne pose vraiment : à qui t’adresses-tu quand tu invoques ? La réponse change tout, et pourrait révéler ce que tu cherches depuis longtemps.

Ce que je vois, et que je comprends très bien

À retenir

  • Ce profil existe vraiment : catholique pratiquante sincère qui maintient des pratiques ésotériques sans voir de contradiction.
  • Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est une soif réelle qui a trouvé plusieurs sources pour se nourrir.
  • L’Église n’est pas toujours parvenue à transmettre le feu qu’elle porte.
  • La question n’est pas « tu as tort ». La question est : à qui t’adresses-tu vraiment ?

Elles prient le matin, elles font des cercles le week-end

J’ai reçu un commentaire qui m’a longtemps accompagnée. Une femme me disait : « Je vous suis depuis presque 10 ans et Dieu fait partie intégrante de ma vie depuis ma confirmation. Tous les jours je prie et vais à la messe. Pour moi tout est lié, ma foi, la tarologie et surtout aider les autres. Vous êtes un ange venu aider avec vos dons, vous avez trouvé la foi, à présent tout est lié. »

Ce commentaire ne m’a pas mise en colère. Il m’a reconnue.

Parce que ce profil, je le vois partout. Des femmes qui communient le dimanche et participent à des cercles de sorcières le vendredi. Des femmes qui se confessent et ont un pentagramme au mur. Des femmes qui lisent la Bible le matin et tirent les cartes le soir.

Elles ne se sentent pas en contradiction. Et je comprends pourquoi.

Je les connais de l’intérieur

Pendant des années, j’ai animé la Witches School. J’avais une chaîne YouTube ésotérique avec près de 30 000 abonnés. Dans ce monde-là, j’ai accompagné beaucoup de femmes baptisées, confirmées, qui trouvaient leur place à la fois dans l’Église et dans les cercles. Je les connais vraiment, pas de l’extérieur.

Ce n’est pas de la naïveté. Ce n’est pas de l’incohérence. C’est une soif de sacré, de connexion, de communauté, qui a trouvé deux sources différentes pour se nourrir.

Je ne veux pas les condamner. Ce que je veux, c’est poser une question.

Si tu veux comprendre le fil complet de ce chemin, j’ai raconté comment l’ésotérisme m’a conduite jusqu’à Dieu.

Pourquoi ça arrive : le feu qu’elles n’ont pas trouvé

À retenir

  • Le catholicisme reçu était souvent froid, mécanique, sans le Dieu vivant derrière.
  • L’ésotérisme a offert la chaleur manquante, la sororité, le sentiment d’agir.
  • Cette soif de communauté vivante est une soif légitime.
  • La question n’est pas « pourquoi elles cherchent », mais « ce qui leur a manqué ».

L’Église n’a pas toujours transmis le feu qu’elle portait

Il faut le dire honnêtement : le catholicisme que beaucoup de ces femmes ont reçu était souvent froid. La messe sans explication. Les règles sans le Dieu vivant derrière. La confirmation comme une case à cocher, pas comme une rencontre.

Quelque chose s’est perdu dans la transmission. Pas la vérité, mais la chaleur. Et un vide s’est creusé.

La vie a horreur du vide.

Ce que les cercles ont offert, et que je ne nie pas

Quand j’animais la Witches School, je voyais quelque chose de réel se passer dans ces espaces. Des femmes qui s’écoutaient vraiment, qui célébraient ensemble, qui avaient le sentiment de faire partie de quelque chose de vivant. Cette chaleur répondait à un besoin légitime. Et l’Église, trop souvent, n’avait pas su le nourrir.

L’ésotérisme n’a pas séduit ces femmes en mentant bien. Il les a rejointes parce qu’il offrait ce qu’elles cherchaient : communauté de femmes, sentiment de puissance spirituelle, pratique incarnée et sensible. Ce n’est pas un défaut de leur foi. C’est le signe d’une faim réelle.

Faim que l’Évangile peut rassasier, si on y pénètre vraiment. J’en parle dans cet article sur ce que le New Age m’a réellement donné, et ce qu’il n’a pas pu tenir.

La question que personne ne pose

Porte entrebâillée entre pénombre et lumière chaude — syncrétisme catholique ésotérisme, choisir un chemin

À retenir

  • « À qui t’adresses-tu quand tu invoques ? » n’est pas un tribunal. C’est une clarification.
  • Force impersonnelle et Dieu personnel sont deux conceptions du monde incompatibles.
  • Le cadre « connexion féminine à la nature » n’est pas neutre, il est souvent posé délibérément.
  • L’Église a une position précise sur la divination (CEC § 2116-2117), et ce n’est pas arbitraire.

« À qui t’adresses-tu quand tu invoques les éléments ? »

Pas un tribunal. Juste une question honnête. Parce que la réponse clarifie ce qu’on croit vraiment.

Si tu t’adresses à une force impersonnelle, « l’énergie » de la lune, la puissance des éléments : il n’y a pas de « quelqu’un » en face. Pas de regard. Pas de relation. Ce n’est pas un Dieu personnel. Et ça, c’est une conception du monde radicalement différente de celle du Dieu de Jésus-Christ.

Si tu t’adresses à des esprits, à des entités, à des guides : l’Église catholique a une position précise là-dessus. Le Catéchisme (§ 2116-2117) n’est pas arbitraire. Il est là parce que l’Église a observé, depuis 2000 ans, ce que ces pratiques produisent dans la vie de ceux qui les maintiennent.

Cette question ne condamne pas. Elle oblige à clarifier ce qu’on croit vraiment.

Ce cadrage qu’on ne nous dit pas toujours

Il y a quelque chose que je veux nommer, doucement, mais clairement.

L’image « sorcellerie de sororité = connexion féminine à la nature » ne s’est pas imposée d’elle-même. Elle est souvent posée délibérément par celles qui organisent ces cercles. C’est un cadre de sens. Et comme tout cadre, il mérite qu’on le regarde.

« Se connecter à la nature » et « invoquer des esprits » ne sont pas exactement la même chose. Le glissement entre les deux peut être très progressif. Je ne dis pas ça pour t’effrayer. Je le dis parce que j’y étais. Et que pendant 14 ans, je n’ai pas posé cette question.

Pour aller revenir à la foi après ce chemin-là, il a fallu commencer par regarder en face ce que je faisais vraiment.

Ce que le catholicisme vivant offre vraiment

Livre ouvert sur rebord de fenêtre avec lumière dorée rasante — foi catholique vivante, sororité des saints

À retenir

  • La Pentecôte n’est pas une image douce : c’est du feu et du vent, de la puissance réelle.
  • La communion des saints est une sororité de 2000 ans, vivante et priante.
  • L’Esprit Saint est une Personne, pas une force à canaliser.
  • La foi catholique ne demande pas d’amputer ta sensibilité spirituelle. Elle lui donne une racine.

La Pentecôte, c’est du feu

Les Actes des Apôtres décrivent ce jour-là sans métaphore douce : il y eut comme un bruit venu du ciel semblable à celui d’un violent coup de vent, et il leur apparut des langues qu’on aurait dites de feu. (Ac 2,2-3)

Ce n’est pas une image polie. C’est de la puissance. De la présence. De la vie.

La foi chrétienne n’est pas la religion froide qu’on leur a montrée. C’est peut-être la religion froide qu’elles ont reçue, et la nuance est immense.

La communion des saints : une sororité de 2000 ans

La sororité que ces femmes cherchent dans les cercles, elle existe dans l’Église. Et elle n’est pas enfermée dans notre siècle.

Thérèse de Lisieux. Marie-Madeleine. Sainte Brigitte. Catherine de Sienne. Des femmes qui ont prié, lutté, aimé, souffert. Des femmes à qui on peut parler. Qui prient avec nous. Qui ne nous abandonnent pas quand l’animatrice du cercle change de ville.

La communion des saints, c’est une communauté invisible et vivante. Pas moins réelle que les cercles. Plus ancienne, et infiniment plus vaste.

L’Esprit Saint n’est pas un concept

Les disciples d’Emmaüs, après leur rencontre avec le Ressuscité, disent : « Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, tandis qu’il nous parlait en chemin ? » (Lc 24,32)

Ce feu intérieur qu’ils décrivent, ce n’est pas une règle. Ce n’est pas un rite vide. C’est une présence qui transforme.

L’Esprit Saint est une Personne, pas une force à canaliser. Quelqu’un qui guide, qui console, qui transforme. Et quand on Le rencontre vraiment, pas comme un concept de catéchisme mais comme Quelqu’un de vivant, la question se pose différemment.

FAQ : Les questions qu’on me pose souvent sur ce sujet

Peut-on être catholique et faire de la tarologie ?

La tarologie comme outil d’introspection psychologique, et la tarologie comme outil de divination ou de contact avec des entités, ce n’est pas la même pratique. Ce qui compte : à qui s’adresse-t-on quand on tire les cartes ? À soi-même, à une entité, à « l’Univers » ? Le Catéchisme (§ 2116) est clair sur la divination. La question de l’intention n’efface pas la question de la destination.

L’Église a-t-elle vraiment une position sur la sorcellerie ?

Oui. Le Catéchisme de l’Église Catholique (§ 2116-2117) traite explicitement de la divination et de la magie. Ce n’est pas une réaction de peur irrationnelle. C’est le fruit de 2000 ans d’observation de ce que ces pratiques produisent dans la vie spirituelle. Et c’est une position de soin, pas de condamnation arbitraire.

Je me sens plus proche de Dieu dans ces cercles qu’à la messe. Est-ce possible ?

Oui, et c’est une information importante, mais pas sur ce qu’on croit souvent. Ce n’est pas la preuve que les cercles valent mieux que la messe. C’est peut-être la preuve que tu n’as pas encore rencontré le catholicisme vivant. Cette chaleur que tu trouves là-bas, Dieu la veut pour toi. La question est : par quel chemin veux-tu aller vers elle ?

Comment trouver cette chaleur dans la foi catholique ?

Elle n’est pas dans toutes les paroisses de la même façon, et c’est réel. Les communautés charismatiques, les groupes de prière, certaines retraites : il y a des espaces où l’Esprit Saint n’est pas un concept. Si tu n’as connu qu’un catholicisme froid, tu n’as peut-être pas encore rencontré le catholicisme vivant. La différence est immense.

Peut-on garder sa sensibilité spirituelle en entrant dans la foi catholique ?

Non seulement on peut, mais c’est souvent plus pleinement qu’avant. La foi catholique reconnaît les charismes, la prophétie, la guérison, l’intercession. Elle ne te demande pas d’amputer ta sensibilité spirituelle. Elle te demande de lui donner une racine, un ancrage, une direction.

Une invitation, pas une condamnation

Je ne t’écris pas pour te dire que tu as tort.

Je t’écris parce que j’y étais. Parce que j’ai connu ces cercles de l’intérieur, que je les ai animés pendant des années. Et parce que depuis que j’ai rencontré Jésus, vraiment rencontré, pas « appris sa doctrine », je n’ai plus eu besoin de chercher ailleurs ce feu-là.

Pas parce que tous les autres espaces sont mauvais. Mais parce que j’ai trouvé la source.

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