Mon Chemin vers Dieu 22 Juin 2026 · 11 min de lecture
Mon Chemin vers Dieu

De la Witches School à l’Église : mon chemin inattendu

conversion sorcière catholique — porte entrouverte sur une lumière dorée symbolisant le passage vers la foi

J’ai créé la Witches School en 2020 et accompagné plusieurs dizaines de femmes dans les pratiques ésotériques. En 2024, je suis entrée dans l’Église. Ce chemin n’était pas une rupture : c’était le prolongement inattendu d’une soif que l’ésotérisme avait éveillée, mais ne pouvait pas étancher.

Ce que la Witches School donnait vraiment

À retenir

  • La Witches School était une formation complète, structurée, pédagogique. Pas de la magie de supermarché.
  • Elle répondait à de vrais besoins : identité, sens du sacré, puissance féminine, appartenance.
  • Les femmes qui s’y engageaient ne cherchaient pas à faire le mal. Elles cherchaient leur puissance. Cette soif est légitime.

Une école, pas un folklore

La Witches School n’était pas un cours de bricolage ésotérique. C’était une formation complète, avec un parcours réfléchi, un contenu construit depuis des années, une communauté de femmes engagées. J’y avais mis tout ce que je savais : 30 ans de pratique, des centaines de consultations, une chaîne YouTube de 30 000 abonnés.

L’idée de la Witchy School, c’est son nom original, je l’avais depuis 2013. Des personnes me demandaient de les former depuis des années. Quand je l’ai lancée en juillet 2020, c’était très calculé, très réfléchi. Je voulais transmettre un métier, un art. Ce n’était pas une fantaisie de saison.

Ce qu’elle donnait aux femmes

Ce que cette école donnait, je le connais de l’intérieur.

Une identité, d’abord. Le sentiment d’avoir une place dans le monde, d’appartenir à une tradition, de comprendre sa propre structure intérieure. Un miroir, même imparfait.

Une communauté, ensuite. Des femmes sincères, souvent très sensibles, souvent blessées, qui se retrouvaient autour de quelque chose d’invisible. La « tribu » était vraie. L’appartenance était réelle.

Et le sentiment d’avoir un don, une mission. D’être utile. De servir quelque chose de plus grand que soi.

Ces besoins-là, sens, sacré, appartenance, vocation, sont des besoins humains fondamentaux. Ce n’était pas de la naïveté. C’était une antenne réelle. Mal réglée, peut-être. Mais réelle.

Tu peux lire ce que le New Age m’a réellement donné si tu veux l’audit complet et honnête de ces années.

Ce qui a commencé à fissurer

quitter la sorcellerie doute spirituel — silhouette seule dans un espace sombre avec lumière venant du haut

À retenir

  • La fissure n’est pas venue d’un drame extérieur. Elle est venue du dedans.
  • Le plafond de ce système ne se voit pas depuis le bas. Il se voit depuis le haut, quand tu as grimpé les échelons.
  • Ce n’est pas quelque chose qui « sonne faux » que tu perçois en débutant. Il faut avoir fait le tour.

L’enfermement derrière la forme

À partir de 2020, quelque chose avait changé en moi. Je continuais, mais je n’apprenais plus rien. Je me sentais enfermée dans ce que je faisais. La Witches School tournait. Les formations se vendaient. Mais j’avais touché un plafond que je n’arrivais pas encore à nommer.

Je ne vais pas mentir sur une chose : à ce moment-là, la Witches School était aussi un moyen de gagner ma vie. Et ça compliquait les choses. Quand ton identité et ton revenu sont liés à un système que tu commences à questionner, tu repousses le moment de la fissure. C’est humain.

Mais la fissure est venue quand même.

La nuit de novembre 2022

Je faisais un live de canalisation sur Twitch. J’en faisais souvent, parfois trois heures le matin, depuis des années. Et ce soir-là, une présence est venue. Pas un archange. Pas un maître ascensionné. Jésus. Je n’attendais pas Jésus. Je ne l’avais pas invité. Il s’est présenté.

Le jour même, j’ai acheté la Bible. Quand je l’ai reçue, j’ai commencé à lire. J’ai ouvert Matthieu. Et au bout de quelques pages, j’ai fermé le livre. J’ai pensé : tout ce que le New Age et le développement personnel enseignent est littéralement pompé sur la Bible. Sauf qu’on a coupé la source. Et quand tu coupes la source, ça ne peut pas vraiment fonctionner.

Ce n’a pas été une conversion immédiate. Il y a eu encore des mois de résistance, de retours en arrière, de questionnements. La Witches School s’est arrêtée progressivement. Mais la fissure était là. Et elle ne s’est pas refermée.

Si tu veux lire le récit complet de cette désillusion et de ce tournant, c’est dans pourquoi j’ai quitté le New Age.

L’Église : l’endroit le plus improbable

À retenir

  • L’Église institutionnelle avait tout pour me repousser. Et pour beaucoup de femmes du New Age, c’est pareil.
  • Ce qui m’a quand même attirée, ce n’est pas une doctrine. C’est une présence.
  • La transition n’est pas « et puis j’ai trouvé Jésus et tout allait bien ». C’est plus lent, plus compliqué, et finalement plus beau que ça.

Mes préjugés, honnêtement

Quand j’ai commencé à me tourner vers le christianisme, j’avais les préjugés de beaucoup de femmes qui viennent du New Age. L’Église institutionnelle m’évoquait la rigidité, une longue histoire chargée, un espace qui n’avait pas beaucoup de place pour les femmes. Un monde de règles avant un monde de relation.

Je ne peux pas dire que tous ces préjugés étaient sans fondement. Mais je peux dire qu’ils m’empêchaient de voir ce que je cherchais vraiment.

Ce que je cherchais, en réalité, c’était un Dieu qui ne soit pas un outil. Un Dieu qu’on ne convoque pas selon un protocole, mais qu’on rencontre. Et ça, l’ésotérisme, pourtant riche, pourtant sincère, ne pouvait pas me le donner. Pas structurellement.

Ce qui m’a quand même attirée

La première fois que j’ai senti quelque chose de juste dans la foi catholique, ce n’était pas un argument théologique. C’était une présence. Quelque chose de réel, de personnel, qui ne demandait pas que je sois d’abord « alignée » ou que j’aie accompli les bons rituels. Quelque chose qui se donnait.

Avant même juin 2024, il y avait eu des signes que je n’avais pas su décoder sur le moment. Des présences que je rattachais à d’autres noms, et qui portaient peut-être le même visage.

Saint Augustin, au début de ses Confessions, écrit : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il trouve son repos en toi. » Cette phrase, je l’ai lue après ma conversion. Mais elle décrit exactement ce que je vivais depuis des années sans pouvoir le formuler.

Lire du New Age à Jésus pour comprendre ce qui m’a vraiment attirée de l’autre côté.

Ce que l’Église m’a donné que la Witches School ne pouvait pas

foi catholique après sorcellerie — rebord de fenêtre avec livre ouvert et lumière dorée rasante

À retenir

  • Un Dieu qui est une personne, pas un système à activer ou une force à orienter.
  • Le pardon réel, pas la « libération des blocages », mais la grâce.
  • La féminité sacrée autrement : Marie, concrète et humaine, là où le New Age proposait des archétypes.
  • Une communauté ancrée dans quelque chose qui me précède et me dépasse de deux mille ans.

Un Dieu qui n’est pas un outil

Dans l’ésotérisme, on travaille avec des forces, des présences, des « champs ». On les convoque, on les active, on les remercie. C’est une relation de travail, pas une relation d’amour. Tu es l’initiateur. Tu portes.

La prière catholique a été un choc pour moi. Parler à quelqu’un qui écoute. Pas formuler une intention vers l’univers. Parler. Et attendre une réponse d’une personne, pas d’un mécanisme.

La première lettre de Jean dit : « Nous, nous l’aimons parce qu’il nous a aimés le premier. » (1 Jn 4,19)

Dans l’ésotérisme, c’est toi qui initie, qui aligne, qui construis. Dans la foi catholique, c’est lui qui est venu en premier. Cette inversion change tout. Elle retire le poids de la performance spirituelle.

Questions fréquentes

Est-ce qu’on peut avoir été sorcière et devenir catholique ?

Oui, et c’est exactement ce que raconte cet article. L’Église ne demande pas qu’on efface son passé avant d’entrer. Elle demande où tu vas, pas d’où tu viens. Ce que j’ai vécu dans l’ésotérisme fait partie de mon histoire, même aujourd’hui. Il ne s’agit pas de le nier. Il s’agit de comprendre où ça mène, et si ça suffit.

Comment savoir si ce qu’on ressent dans le New Age est une vraie soif spirituelle ou une erreur ?

Les deux, probablement. La soif est réelle. L’espace choisi pour l’étancher peut être limité. La question utile n’est pas « est-ce que j’ai eu tort de chercher ? » cette soif-là est saine. La question est : est-ce que ce que j’ai trouvé me nourrit vraiment, ou est-ce que je gère la faim ?

Quitter la sorcellerie, ça veut dire renier tout ce qu’on a construit ?

Non. Les années dans l’ésotérisme ne sont pas des années perdues. Elles m’ont amenée jusqu’à une fissure que je n’aurais peut-être pas cherchée autrement. Ce que j’ai construit, la formation, les femmes accompagnées, la connaissance du monde intérieur, ça ne disparaît pas. Ce qui change, c’est ce que je fais de cette antenne. Et où je la dirige.

L’Église peut-elle vraiment accueillir des femmes qui viennent du New Age ?

C’est la question que je me suis posée, avec tous mes préjugés sur l’institution, sur l’histoire, sur la place des femmes. Ce que j’ai trouvé : l’Église accueille précisément les trajectoires qui ne ressemblent à rien de prévu. Mon catéchuménat a commencé en juin 2024, sans qu’on me demande de faire table rase. On m’a demandé si je voulais avancer.

Pourquoi le New Age ne peut-il pas aller au bout de ce qu’il promet ?

Parce que le New Age propose une relation avec des forces, qu’on convoque, qu’on oriente, qu’on remercie. C’est une relation de travail. Ce que je cherchais, sans pouvoir le formuler, c’était un Dieu qui ne soit pas un outil. Un Dieu qui soit une personne. Cette différence-là change tout, pas seulement en théorie, mais dans le quotidien de la prière.

La féminité sacrée autrement

Le New Age a beaucoup travaillé sur le « sacré féminin ». C’est une vraie soif. Les femmes qui entrent dans des cercles ésotériques cherchent souvent cela : une dimension féminine du divin, quelque chose qui les accueille telles qu’elles sont.

Marie m’a surprise.

Pas la « divine féminine » abstraite du New Age. Marie, la femme concrète, qui a dit oui dans une situation impossible, qui n’a pas compris tout de suite, qui s’est tenue au pied de la croix quand les autres partaient. Une femme. Pas une déesse. Quelque chose de beaucoup plus proche, et donc beaucoup plus fort.

Pour celle qui se reconnaît dans ce chemin

Si tu as fréquenté des cercles de femmes, des formations ésotériques, des écoles comme la Witches School, et que quelque chose en toi commence à questionner ce que tu as construit là…

Tu n’es pas obligée de tout comprendre avant de faire un pas.

Tu n’es pas obligée de renier ce que tu as vécu. Le chemin que tu as fait, même si tu en vois aujourd’hui les limites, t’a amenée là où tu es. Et là où tu es, il y a peut-être quelqu’un qui t’attend depuis le début.

Ce n’est pas l’Église de tes préjugés. Ce n’est pas un monde de règles déguisées en spiritualité. C’est une relation. Et cette relation, tu peux commencer à l’explorer sur revenir à Dieu.

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