Retranscription de l’épisode
249 jours avant mon baptême. Aujourd’hui, j’avais envie de partager quelque chose qui tourne en boucle dans ma tête. Je tourne en boucle, littéralement, et pourtant j’ai des réponses. Dieu m’a donné des réponses, mais je n’arrive pas à les comprendre. Alors peut-être qu’en le partageant avec vous, vous allez voir quelque chose que je ne vois pas moi-même.
Le salariat, ce n’est pas pour moi
Jusqu’en 2024, tout avait été très clair dans ma vie professionnelle. J’ai travaillé plus de treize ans et j’aimais beaucoup mon métier. Aujourd’hui, je me retrouve de nouveau au chômage : j’avais rejoint une start-up dans l’IA, et ça ne s’est pas passé comme prévu. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais disons que ça ne s’est pas très bien terminé.
Du coup, il va falloir que je travaille, clairement. Et j’ai très bien compris une chose : je ne peux plus être salariée. Le salariat n’a jamais été pour moi, et cet essai de sept mois n’a fait que le confirmer.
Professionnellement, je fonctionne à la vocation. Je travaille à ce que j’aime faire, je serais incapable de me dire « tu as ta vie à côté, ça compensera ». Je n’ai jamais su séparer les deux, il y a chez moi une unité totale entre qui je suis et ce que je fais. Quand ce n’est pas le cas, je peux tomber dans une très grande déprime, un peu comme ces derniers mois. En réalité, ce n’est même pas de la déprime : c’est que j’étouffe. Si je ne fais pas un travail qui est vraiment pour moi, j’étouffe, et il faut immédiatement que je trouve une porte de sortie. C’est comme si j’étais en prison, sauf qu’en prison, tu es responsable de ce qui t’y a menée. Là, c’était plutôt comme si on m’avait kidnappée, enfermée, sans possibilité de partir puisqu’on a signé un contrat.
Trop de passions pour un seul chemin
J’ai plein de passions dans ma vie, plein de vocations, des choses pour lesquelles je suis douée et que j’aime partager. Il y a d’abord mon parcours spirituel, que je partage depuis mes seize ans, c’est ce que je fais avec vous ici, et c’est pour moi une obligation de continuer à le faire.
Mais je ne suis pas que ça. Et honnêtement, est-ce que je peux réellement gagner ma vie en partageant seulement mon parcours ? Je pourrais créer des outils, comme celui d’étude biblique que j’ai développé récemment (j’en ferai d’ailleurs un podcast à part, et j’adorerais qu’on fasse des études bibliques en direct ensemble). En rendre certains payants, pourquoi pas, il y a de vrais outils avec une vraie valeur ajoutée. Mais ça laisse de côté toute une autre partie de moi que j’adore : la création de projets.
J’aimerais accompagner des porteurs de projets, notamment grâce à tout ce que je sais faire en marketing. J’en fais depuis mes seize ans, sur Internet, et cette année encore j’ai remis mes connaissances à jour. Je suis aussi très à l’aise avec l’IA : je crée des workflows complets, de vraies IA autonomes, des pipelines, des applications sur mesure. Aujourd’hui, à part Photoshop, tous les outils que j’utilise sont des applications que j’ai créées moi-même, pour mes propres besoins.
J’aimerais parler de tout ça. Mais je n’ai pas envie d’ouvrir quatorze chaînes YouTube, une pour le marketing, une pour la création de projet, une pour mon chemin avec Jésus. C’est trop segmenté pour moi. Ce serait comme être trois personnes différentes, et je ne suis pas la Trinité.
Ce que Jésus m’a dit sur le marketing
J’ai eu une réponse de Jésus à ce sujet, pendant un temps d’adoration. Il m’a dit que le marketing n’était pas vraiment bon pour moi, parce que ça fait ressortir un très mauvais côté chez moi : celui où, dans le marketing comme dans la tech, il faut être le meilleur, faire les meilleurs chiffres, écraser l’autre. Je n’ai jamais eu cette jauge-là. Ma jauge de réussite, c’est ma jauge de joie : si je kiffe ce que je fais, c’est nickel, ça me nourrit. Bien sûr, il faut que ça paie mes factures, mais l’argent, c’est la cerise sur le gâteau, pas l’objectif. Dans ce milieu très tech, très LinkedIn, il faut sans arrêt afficher les chiffres qu’on gagne. On n’affiche jamais le simple fait d’être aligné avec ce qu’on veut faire, sans forcément vouloir construire une licorne.
Dieu m’a dit de faire attention avec cette partie du marketing, parce qu’elle nourrit quelque chose en moi qui n’est pas bon, qui donne très envie d’écraser les autres. Et ce n’est pas chrétien. J’ai beaucoup travaillé là-dessus, et j’ai compris que ce qui réveille ça en moi, c’est la comparaison : je me sens toujours plus nulle que les autres. Ça m’a aidée à recadrer les choses autrement : la création de projet, ce n’est pas le marketing. Tu crées un projet, et le marketing vient s’y greffer pour aider à sa naissance et à sa survie.
La boucle
Ma principale problématique, c’est que j’aimerais tout faire en même temps : aider les porteurs de projets, créer mes propres projets, faire de l’IA pour les entrepreneurs (c’est primordial aujourd’hui, notamment pour les TPE et les solopreneurs), et continuer à partager mon chemin avec Jésus. Un peu comme un vlog, une vie partagée dans son ensemble : là je crée une application, là j’accompagne une nouvelle porteuse de projet, là je suis à l’adoration.
Et voilà la boucle, exactement. Première étape : je décide de ne partager que mon chemin avec Jésus. Une semaine et demie plus tard, deuxième étape : « mais j’adore créer avec l’IA, m’organiser avec l’IA, surtout en tant que solopreneure, et ce serait égoïste de garder tout ça pour moi. » Je me dis que tous les solopreneurs adoreraient voir ce que je fais avec l’automatisation, et qu’en plus ça paierait, si je m’y lançais vraiment. Troisième étape, celle où je suis en ce moment : je n’arrive pas à choisir entre les deux, je veux faire les deux. Et dans une semaine et demie, je me dirai à nouveau qu’il faut être cohérente, qu’il ne peut y avoir qu’un seul sujet, sinon ça ne l’est pas. Et la boucle recommence. Ça fait trois, quatre mois que c’est comme ça, et je n’arrive pas à avancer.
Je n’avance pas sur rien : il y a ma chaîne YouTube, ce podcast que j’ai commencé, l’application d’étude biblique en bêta-test. Mais c’est comme si je montais un escalier dans le brouillard : j’avance, mais rien n’est stable, et je n’arrive pas à me projeter dans l’avenir.
Pas de vision, mais confiance
Cet épisode n’est pas un appel à l’aide, c’est plutôt une vraie question : est-ce que je devrais faire une série un peu vlog, où je partagerais aussi ce que je fais en création de projet, en plus du reste ? J’ai envie de parler de tout, et je n’ai pas envie d’avoir quatorze comptes différents, parce que ma vie, c’est tout en même temps. Pendant que j’organise une structure pour des porteurs de projets, je suis accompagnée de Jésus. Et les projets sur lesquels je travaillerais seraient forcément portés par des personnes engagées dans quelque chose de positif, je ne vais pas travailler pour un vendeur d’armes.
C’est la grande question que j’ai à J-249, et qui n’est pas née aujourd’hui : ça fait des mois qu’elle tourne dans ma tête. Dites-moi ce que vous en pensez.
Je pense, au fond, que ça va se faire tout seul. Mais mon compte en banque, lui, dit plutôt : « ne compte pas trop là-dessus non plus, cocotte. » Ce n’est pas de la peur, je ne suis pas inquiète : ce que j’ai vécu ces derniers temps a été tellement plus dur que ça. Ce qui est déstabilisant, c’est de ne pas avoir de vision globale de mon activité. Et sans vision, difficile de communiquer, de trouver des clients, de faire rentrer de l’argent.
Je vous laisse là-dessus. Peut-être que ça résonnera avec vous, que vous vivez la même chose. Peut-être pas, et peut-être que vous avez un avis à me partager. Je lirai tout, je vous répondrai, parfois un peu lentement le temps de mouliner la réponse dans ma tête.
Plein de gros bisous. Et Dieu t’aime.